Il aura fallut attendre plus de 30 ans pour que
Oneness Of Juju et son leader
Plunky Branch viennent pousser leur première note sur le sol français. Nul doute cependant que cette attente trentenaire aura comblé les présents et comblera ceux qui visionneront et revisionneront le concert de ce premier débarquement Parisien (depuis d’autres ont suivi) confortablement vautrés dans un canapé. Ou plutôt les concerts car c’est bien d’un seul et même dont il s’agit mais divisé en 2 sets bien distincts.
Le premier nous transporte tout droit en Afrique. Costumes traditionnels et peintures d’apparat de rigueur pour ce voyage mystique mariant la finesse jazz et les arrangements funk aux sonorités africaines. L’invocation des esprits de la Terre Mère est au programme pour cette communion dans le groove aux cuivres mat, aux percussions tribales et au Fender délicat. Les saintes peintures n’étant pas waterproof
Plunky, après avoir effectué un triathlon de folie entre clarinette, saxophone, et micro, achève cette première transe avec le maquillage qui pleure (note pour le prochain concert : se rapprocher du maquilleur officiel de
KISS. Si pas dispo, voir avec celui de
Kiméra). Mais la musique de
Oneness Of Juju est trop de choses à la fois, à cheval entre l’Afrique et l’Amérique, en grand écart permanent entre l’urbanité et la jungle, aussi après avoir mêlé leurs vibes à celles continent originel, c’est avec celles des bas-fonds de la bannière étoilée que
Plunky et ses acolytes s’ébrouent. Moins de mysticisme, plus de décontraction. Bas les masques et cap sur le funk, tout le funk rien que le funk ! Les ancêtres sont une nouvelle fois invoqués à la différence près qu’ils sont encore tous de ce monde :
James,
George et
Sly. Pas de reprises basiques mais des clins d’œil qui servent de planche d’appel pour le funk sauce
Plunky & Co.
Cerise sur le DVD, le bonus. Aucun passage de pommade mutuel entre musiciens, zéro démagogie à l’égard
du-formidable-public-sans-lequel-nous-ne-serions-rien-machin-tout-ça, juste
Plunky expliquant son engagement politique, la ségrégation, les
Black Panthers, la musique, sa musique, et ses influences qui en plus de celles célébrées lors du 2ème set ne sont que des obscurs souffleurs :
Fela,
Pharoah Sanders, les
JB Horns. Jamais entendu parler…
Perfide DVD que ce
Live In Paris, le premier set donne envie d’enchaîner directement sur le second puis de passer illico au bonus qui lui même entraîne une irrépressible envie de se replonger dans la musique. C’est quand même bien fait…
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