Archie Shepp / Chuck D. - Festival Sons D'hiver 06.02.08

Lundi 11 Février 2008

L’association Rap / Banlieue a souvent donné des suées au journaliste chargé d’aller couvrir cette pluie d’hématomes annoncée. Un condensé de cliché en 2 mots. Concert de rap = appels à l’émeute = public peu fréquentable = ça dégénère. L’auteur de ces lignes a pourtant encore l’usage complet de ses membres malgré des heures en fosse hip-hop.
D’autant plus que, s’agissant d’un concert Archie Shepp, donc étiqueté « jazz » donc musique « sérieuse », même si le glorieux saxophoniste invite des rappers à son banquet black-music, le taux de probabilité que les choses tournent en bataille rangée avoisine le zéro. Et peut-être même le – 1. Et pourtant.


Et pourtant caché dans un costume qui d’emblée impose un respect total Archie Shepp n’en reste pas moins une Panthère Noire à l’œil vif et à la griffe acérée pour qui musique et combat ne peuvent être qu’étroitement liés. En avril 2007, Uncle Archie venait rejoindre Public Enemy sur la scène du Zénith de Paris pour asperger d’essence cuivrée le déjà brûlant Fight The Power (dont l’extended-version sur maxi était déjà équipée d’un solo de saxo gigantesque certifié Marsallis). Comment s’étonner alors de la présence de Chuck D. à ses côtés 10 mois plus tard ?
Seuls ceux qui ne comprennent pas les connexions entre toutes les musiques noires s’en offusqueront encore et quitterons la salle au bout de 30 minutes. Car plus qu’une amicale collaboration sans lendemain, M. Shepp et le Hard Rymer ont construit une passerelle entre leur 2 univers permettant à Chuck D.de revisiter quelques uns de ses classiques bien hargneux (Can’t Trust It, Fight The Power, Black Steel In A Hour Of Chaos) accompagné d’un free-jazz-funk band. Du rap-jazz ou du jazz-rap ? Ni l’un ni l’autre en fait. En tout cas un vrai groupe mené par le souffle de Shepp et les diatribes de Chuck, l’un accompagnant l’autre ou lui laissant la place. Une sorte de musique hybride qui fusionne 2 univers naviguant dans les mêmes eaux troubles de la contestation sociale et d’un certain idéal révolutionnaire. Passés au laminoir jazz d’Uncle Archie, les pavés de l’Ennemi Public deviennent des rochers de 15 minutes portés par un intraitable batteur aux envolées funk et ambiancés par l’ondulant Kyle Jason qui endossait là le rôle de Flavor Flav. Au détail prés qu’Ice chante très bien. Cartouche très utile pour apporter la dimension Funk et Soul.
Sourire indévissable, à des kilomètres de son image habituelle d’uncool motherfucker savamment cultivée, Chuck D. n’en finissait plus de rendre hommage à son hôte qui à son tour remerciait acolytes et invités. Une distribution de big up et du reprezent. Plaçons-en une ici pour Rocé le seul mc audible en live dès les 1ère écoutes et qui mériterait des ventes conséquemment proportionnelles à son talent, Vicelow (ex-Saïan) et Napoleon Madox from Cincinatti ramené dans les valises.
Puis vint le moment de ce qui s’annonçait comme le « merci-au revoir » de la soirée et qui dura 30 minutes. Archie himself qui d’imperturbable passa à intenable empoignant le micro pour y planter un Blues straight from the Soul que son aspect monolithique ne laissait pas soupçonner. Ne pas se fier au costume et ne pas tenter de caresser trop vite celui qu’on pourrait penser trop vieux pour griffer à mort.
Avec 11 gaillards sur scène et une pointe finale à 14, seuls la cohérence et le bon goût vestimentaire empêchait de se croire à un concert de Parliament
Les 5 Piliers de la black music étaient représentés et Archie Shepp tenait le rôle du Prophète. L’année commence bien.


Muzul

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