Interview - Charles Bradley a.k.a. The Soul Survivor

Lundi 11 Avril 2011

Presque 50 ans que Charles Bradley regardait passer les trains qui mènent aux studios et aux tournées sans jamais pouvoir monter dedans. Entre temps, il aura vécu de quoi écrire des chansons pour ses 20 albums à venir : la ségrégation, l’arbitraire, des drames personnels, l’injustice et finalement la difficulté d’être noir dans un pays qui sous couvert de grands principes humanistes laisse des millions de gens à quai. Et puis le destin qui jusque là lui avait plutôt tiré des mauvais flops, a mis sur son chemin Thomas Brenneck, guitariste de Dirt Rifle & The Bullets trio funk alors hébergé dans les murs studio Daptone. Homme de flair, Gabriel Roth a la juteuse idée de les assembler pour leur faire tirer quelques cartouches sur vinyle. Après avoir suivis des chemins séparés durant quelques temps, Brenneck et Bradley se sont retrouvés pour ne plus se quitter et No Time For Dreaming est aujourd’hui la première pierre du travail effectué par un duo fait pour s’entendre.


Interview - Charles Bradley a.k.a. The Soul Survivor
Le temps a été long avant de réaliser votre rêve de musicien, un rêve qui ne vous a jamais quitté…

Quand j’étais enfant, ma grand-mère m’emmenait à l’église où on était entouré de musiciens, c’est là que j’ai su que je voulais faire ma vie dans la musique. Et puis j’ai vu James Brown pour la 1ère fois en concert en 1962, ma sœur m’avait emmené le voir, et ça a été comme une révélation : j’ai su que c’était ce que je voulais faire.

Vous avez fait de nombreux shows où vous imitiez James Brown, sortir de ce créneau était vital pour pouvoir exister par vous-même ?

J’ai fait des concerts où je faisais James Brown mais aujourd’hui c’est ma propre carrière que je veux faire. Les gens me disent que je peux faire les deux, à la fois du James Brown et du Charles Bradley mais je me concentre plus à faire du Charles Bradley. Aujourd’hui tout le monde a vu un show de James Brown et ça n’a plus d’intérêt de le faire. Je préfère être moi même car ça permet au public de ressentir la vérité sur ce que je ressens vraiment : mes douleurs, mes souffrances, les choses que j’ai vécues.

Comment êtes vous arrivé dans la famille Daptone ?

J’ai rencontré Gabe il y a 10 ou 11 ans par l’intermédiaire de Jimmy, un ami à moi qui avait un show à la James Brown. Gabe m’a ensuite présenté Tom qui lui m’a emmené à Staten Island voir ceux avec qui il jouait et quand j’ai pris le micro avec eux, les lyrics sont arrivés tout seul ! De là, Tom m’a dit qu’il aimerait enregistrer quelque chose avec moi et puis je n’ai plus eu de nouvelles pendant un moment [Brenneck parti mettre en marche The Budos Band, les deux hommes se sont en effet éloignés durant 5 ans. La remise en contact s’est faite lors du concert organisé pour les 50 ans de Sharon Jones et qui réunissait l’ensemble des groupes Daptone. Sans groupe attitré, Bradley s’est retrouvé avec The Budos Band en backing-band. NDR]. ]i

Quand on s’est recontacté, il avait déménagé à Brooklyn où il avait un appartement Je suis passé le voir, on a parlé de l’assassinat de mon frère, et il m’a dit « Charles, il faut qu’on mette ça en musique ». Je n’en avais pas envie du fait qu’émotionnellement c’était trop fort et puis on a parlé et parlé, et enregistré quelques trucs sur bandes. Dans sa chambre, Tom avait un piano et on a commencé à jouer et à parler, à parler et enregistrer quelques bribes. Deux mois on passé et Tom m’a demandé de le rejoindre en studio pour écouter Heartaches and Pain. Quand je l’ai écouté, je n’ai pas pu tenir, il a fallut que je sorte. Il m’en a donné une copie que j’ai fait écouter à ma mère qui évidemment connaissait toute cette histoire, et elle s’est effondrée. Je l’ai également fait écouter à ma sœur qui a eu la même réaction et là je me suis dit « Charles, comment est ce que tu as fait ça ? ». Ca m’a pris un moment avant de pouvoir en parler et Tom m’a aidé à le faire et à le mettre en musique. Ca été très dur pour moi de chanter cette chanson qui m’envahissait émotionnellement. Ce sont les gens autour de moi qui m’ont dit « Charles, si tu veux être un entertainer, il va falloir que tu mettes tout ça de côté. Que tu mettes ton cœur de côté quand tu chantes le morceau ». Maintenant je peux le faire.

Interview - Charles Bradley a.k.a. The Soul Survivor
Tous les titres de No Time For Dreaming sont des histoires vraies ?

How Long parle d’un de mes amis qui avait perdu sa maison, qui ne savait plus quoi faire ni où aller et qui est venu me demander un peu d’argent. Je savais très bien ce qu’il allait en faire et je lui ai dit « brother don’t do that ! , il y aura des jours meilleurs ». Heartaches and Pain, s’inspire de la mort de mon frère.
Toutes les émotions présentes sur l’album sont vraies, ce ne sont que des choses que j’ai vécues, les brutalités policières, etc… Je remercie Dieu de m’avoir fait rencontrer Tom et Gabe qui on cru en moi alors que jusque là on m’avait toujours utilisé : on me mettait sur scène et puis on me remettait dans ma boite ensuite. Je n’ai jamais cherché à tout avoir, ce qui m’importe le plus c’est de vivre et de laisser vivre. Que l’on me donne une chance de vivre, une chance de m’exprimer.

Merci à Differ-Ant et à Ter A Terre pour le all-access.




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