Interview - The Budos Band

Vendredi 26 Août 2011

Interview - The Budos Band
Sans leur manquer de respect, on peut légitimement dire que le dernier passage du Budos Band en 2008 à Paris s’était soldé par un demi-échec. Non pas que le groupe ait torpillé un afro-soul au dessous de son niveau réel, mais par le fait que cette mise à sac du New Morning se soit faite devant un public plus que clairsemé, week-end du 15 aout oblige.
L’heure de la vengeance a donc sonnée ce soir de juillet 2011 où le crew de Staten Island a garroté jusqu’à l’asphyxie une Maroquinerie bondée et suante. Preuve en est cet émouvant témoignage du jeune Ludovic B. après les deux morceaux d’ouverture : « Putain ! C’est la guerre ! ». Deux titres enchainés –Vertigo et Ride Or Die – avec une furie et une puissance laissant présager une soirée volcanique. Et elle le fut. Percussions harcelantes, duel de cuivres, guitare surexcitée, orgue Farfisa acide et venimeux, beat percutant et surtout Dan Foder qui laissait enfin exprimer son vrai jeu de scène : celui d’un bassiste-meneur qui arpente la place de long en large, slalome au milieu des ses partners et brandit son instrument comme un totem maléfique distillant d’épaisses lignes groovy. Un SET construit sur un aréopage des 3 albums – plus des inédits – avec d’énormes morceaux de bravoure, comme cet apocalyptique Up From The South qui faisait exploser le mercure à tout jamais, et achevé pleine bourre par un Budos Rising sur lequel Jared Tankel faisait sonner les cymbales de l’enfer.
Quelques heures plus tôt, Dan Foder (basse), Brian Profilio (batterie) et Jared Tankel (sax baryton) s’attablaient autour d’une bière – boisson officielle du groupe – pour une discussion où l’humour à froid était de rigueur. Are you ready for the fuckin’ Budos ?!

Interview - The Budos Band
Depuis III, vous avez un son de plus sombre, vous n’avez pas peur de devenir un groupe de métal ?
Brian : Les cuivres et les percussions nous en empêchent ! Les rythmiques sont devenues beaucoup plus sombres mais on reste un party band, ce qui compte, c’est que les gens deviennent complètement dingues quand ils viennent à nos concerts. Ca on adore ! C’est pour ça qu’on ne deviendra jamais ce genres de groupes noisy ou grind où les gens sont là juste pour secouer la tête et regarder. On veut que ça danse !

Les cuivres sont vos chiens de garde ?
Brian : Yeah !

Vous avez vu des changements dans votre public ? Des cheveux longs, des tatouages bizarres, des t-shirt avec Satan ?
Jared : Des fois mais dans l’ensemble, c’est toujours le même.

Juste avant ce virage sombre, on pouvait trouver des t-shirts des Budos dans des couleurs gaies, avec des fakirs, des chameaux, ce genre de choses. Maintenant c’est chevaliers noirs, pleines lunes et loups-garous, qu’est ce qui s’est passé ?
Brian : C’est moi qui les avais dessinés. A l’époque notre son était plus axé sur le jazz éthiopien donc quelque part plus oriental. Tous ces trucs de dromadaires et de fakirs collaient bien avec mais maintenant ça n’est plus le cas, même si notre musique garde ce côté exotique. C’est clair que notre image est dark, dark, dark mais notre musique, elle, reste fun. Je crois que IV sera encore plus étrange mais pas dans le sens oriental du terme…

Interview - The Budos Band
Ride Or Die a été samplé par les Black Eyed Peas. D’un côté ça prouve qu’ils savent ce qu’est la bonne musique, mais c’est pas un peu flippant de retrouver la votre dans cette …merde !
Jared : Ca ne nous dérange pas vu qu’on n’écoute pas du tout ce genre de truc !
Brian : Au début c’est sur que ça nous a fait un peu bizarre mais ils ont juste pris une petite bribe de cuivres et pas tout le morceau donc…
Dan : Je ne sais même pas si j’ai déjà entendu ce morceau en fait…
Jared : Je ne suis même pas persuadé que le public qui écoute ça sache qui on est et ce qu’on fait donc…

Vous êtes beaucoup samplé ?
Brian : Un peu.
Dan : Il y a le truc Wu-Dos(mix entre les lyrics Wu-Tang Clan et les instrus des Budos – NDR)
Brian : Wu-Dos ouais... Je crois qu’on a du être samplé une dizaine de fois.

Vous en êtes où dans les ventes de III ?
Jared : 15.000 copies. En 1 an, c’est pas mal pour de la musique purement instrumentale qui est une toute petite niche. On a vendu 20.000 exemplaires de II qui est sorti il y a 4 ans donc on est assez content, on augmente nos ventes à chaque album

Vous partagez parfois l’affiche avec Charles Bradley, comment il réagit au venin ?
Brian : Plutôt pas mal ! On a rencontré Charles quand on avait ce groupe qui s’appelait The Bullets, Dan, Tom Brenneck et moi et, depuis cette époque, on a développé une bonne complicité avec lui. Il adore monter sur scène avec nous, il apprécie notre énergie. A chaque fois il tue, il est incroyable !
Dan : Il n’a même plus peur de dire « allez vous faire foutre ! »
Jared : Charles est un mec adorable !

Mais c’est vraiment Bradley et Les Budos ?
Dan : Oui et non, car ça n’est pas le groupe au complet, les percussionnistes ne montent pas sur scène avec nous.
Brian : Quand on partage la scène avec Charles, on fait vraiment tout le SET avec lui et pas juste quelques morceaux. Le public est toujours enflammé ! Il en redemande. Hier on était à Londres, après le rappel on leur a dit « Vous voulez revoir Charles Bradley ??!! », les gens ont hurlé et, quand Charles est revenu, on leur a fait Heart Of Gold la cover de Neal Young et Take It As It Comes, le morceau qu’il avait enregistré avec les Sugarman 3. C’était incroyable.

Interview - The Budos Band
Vous avez un morceau favori que vous adorez jouer sur scène ?
Brian : Le dernier qu’on a composé ! C’est toujours le plus excitant à jouer.
Jared : Vertigo. Un nouveau morceau. On va le jouer ce soir. Tu vas aimer.
Dan : On joue toujours de nouveaux morceaux sur scène. Avant que "III" ne sorte, on en jouait déjà une grosse partie en concert.
Brian : On les a joués pendant deux ans avant de les enregistrer pour l’album. Actuellement on joue déjà des titres composés pour "IV", on en a 3 ou 4

C’est difficile de voir les Budos sur scène avec le line-up original au complet. Par exemple je n’ai jamais vu le groupe avec Dave Guy en seconde trompette…
Jared : Il ne joue plus trop avec nous…
Brian : Il est principalement avec les Dap-Kings maintenant, de temps en temps il monte encore sur scène avec nous pour un concert à la maison ou à Brooklyn. Il est marié et il a un enfant donc il ne vient plus du tout sur la route avec nous.

Comment vous faites pour recruter des remplaçants ?
Brian : On prend ceux qui sont disponibles ! En fait, étant donné que l’album de Bradley vient de sortir et que Mike (Deller) et Tom (Brenneck)jouent dessus, ils sont occupés à tourner avec lui…

Luke O'Malley (Antibalas, Phenomenal Handclap Band...) remplace Tom à la guitare, qu’est ce qu’il apporte au groupe mis à part ses fantastiques pas de danse.
Brian : Rien d’autre. C’est pour ça qu’on l’a pris.
Dan : Sa logistique !
Jared : Pour tout ce qui est resto, Luke est le meilleur.
Brian : Il a déjà joué dans la plupart des salles où on tourne donc il connait tous les meilleurs restos aux alentours. Il adore prendre soin de nous du genre « Alors les gars, là vous avez un cinéma, ici un resto ! ».

Un genre de nurse ?
Brian : Ouais. Il est naturellement devenu notre nurse…

A part ses pas de danse, il fait beaucoup aussi plus de solis que Tom…
Dan : Il est rock !
Brian : Tom est plus en retrait alors que Luke a tendance à monter en première ligne. Il a effectivement une approche plus rock des choses.

A propos de Tom, c’est Gabe (Roth) et lui qui s’occupent de tout ce qui est mix et production des albums du groupe. Vous leur faites tant confiance que ça ?
Dan : On n’a pas le choix ! Dans le groupe, on a tous un boulot à côté. Eux, c’est leur boulot. Quand on enregistre, c’est pas l’idéal de laisser les choses en plan puis de revenir deux semaines après pour faire le mix.
Brian : Eux vont s’y mettre le lundi matin à 10 h, quand on est tous au boulot donc…

Et le prochain album ?
Jared : Ca va être un album concept sur les maladies mentales…
Brian : Et le désordre. On va se tenir éloigné des numéros. "I", "II" et "III" pouvaient se prendre comme une trilogie qui retraçait la manière dont on a découvert cette musique, puis dont on a appris à la jouer et enfin à la développer. Cette phase du groupe est terminée. Les numéros, les visuels avec des phénomènes naturels et des animaux, tout ça ça va s’arrêter. On va entamer une nouvelle esthétique. Quand "III" est sorti, on a lu les chroniques et énormément disaient « Si vous aimez Budos I et Budos II, vous aimerez Budos III » ou alors « Vous pouvez prendre les 3 albums et les mélanger sans savoir de quel album sort tel ou tel titre ». Pour le IV, on ne veut surtout pas que celui qui l’écoutera puisse dire « Ah tiens, ça me rappelle Budos II ! ». On ne veut plus lire ou entendre ça. On veut vraiment aller vers quelque chose de différent, bien ou pas on s’en fout, parce que trois albums comme on vient de les faire, c’est cool mais on veut changer complètement de direction. Il y aura toujours les cuivres et les percussions mais ce sera différent au niveau du son et des vibrations. Les morceaux seront plus diversifiés. Plus étranges aussi. Rien ne sera familier.


Interview - The Budos Band
Propos recueillis le 8 juillet 2011.

Merci à Differ-Ant.
Super merci king size triple XL avec salto arrière et flammes sur les côtés à Jean Saint-Jean pour les photos.

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