Jame Brown - The Payback

Polydor 1974

Mardi 30 Mai 2006

1973. Déjà plus de 20 ans que James est dans le funk-game. Un exploit pour l’époque, qui le devient encore plus quand on sait que depuis il a ajouté une trentaine d’années à son compteur. Champion toutes catégories, il a déjà retapissé plusieurs fois les murs de ses villas avec ses n°1, enflammé de nombreuses scènes, réduit à l’état de vague souvenir nombre de concurrents, fait naître un imposant flot d’émules. De sa place tant exposée et tant convoitée, James Brown voit pourtant une nuée de jeunes loups avides d’en découdre avec celui qui fait déjà figure d’ancien. En plein âge d’or du funk (il reste disons une petite année) il arrive à l’apogée de son art et produit un de ses meilleurs millésimes.


Jame Brown - The Payback
L’histoire de The Payback est à la fois étrange et tragique. Tragique parce que c’est pendant qu’il y travaillait que le Soul Brother Number One perd son fils Teddy dans un accident de voiture, ce drame lui ouvrira toutes grandes les portes de la dépression et de la drogue. Etrange parce qu’en pleine période Blaxploitation James planche sur cet album destiné à devenir la BO de Hell Up In Harlem qui, jugé pas assez funky (on croit rêver !!), sera refusé par les producteurs du film qui lui préfèreront Edwin Starr. Il en faut pourtant plus pour décourager notre homme, The Payback sortira quand même et sous le nom de James Brown !
We Got A Right To The Tree Of Life , James Brown annonce la couleur dès la pochette et exige que le peuple Noir qui a tant œuvré à construire l’Amérique reçoive enfin la part qui lui revient de plein droit. Sa part de vie décente, sa part d’éducation, sa part de dignité et de respect.
Règle numéro un : être bien entouré et de préférence par ceux pour qui le groove n’est pas un vain mot. Le Godfather réuni son escouade de choc. Tous se sont donné le mot et évoluent en rangs serrés pour que The Payback fasse date : Fred Wesley, Maceo Parker et St Clair Pickney sont à la manœuvre côté cuivres, Jabo Starks tient les baguettes, Jimmy Nolen assure la guitare rythmique métronome. Tous vont s’atteler à sculpter les grooves et à affiner les riffs. Jusqu’ici la quasi totalité des albums de James n’avait été que des recueils de titres captés live n’ direct dans la foulée de jams nocturnes, mais les temps ont changés et la faute à des Isaac Hayes ou à des Marvin Gaye, les albums sont désormais pensés comme des œuvres cohérentes avec un début et une fin. Pour The Payback le Soul Brother Number One se débarrasse donc de ce grain live et sale qui caractérise son funk : son impeccable et mix nickel, les rugosités doivent être polies. Mais par la main de l’artiste et non par des artifices de studio, les morceaux doivent être travaillés mais rien ne doit entacher l’essence même du funk James Brownien qui doit rester rutilant et qui, au final, se révèle être taillé comme un diamant. Mais alors le Godfather Of Funk s’est ramolli ? Certes non ! Car, comme d’habitude, le titre d’ouverture avec ce riff de guitare incisif, les cuivres et les chœurs qui font monter lentement mais sûrement la pression, annonce d’emblée le tonnerre qui va gronder 70 minutes durant. James Brown harangue l’auditeur sur une boucle de guitare efficace au possible, les guitar-heroes branleurs de manches devraient en prendre de la graine : nul besoin d’enchaîner des notes et des effets à n’en plus finir : un sens du rythme aiguisé et une efficacité hors-pair suffisent à faire groover un morceau à l’infini. Que cela soit dit une bonne fois pour toute…
Règle numéro deux : James Brown ne s’adapte pas aux lois de la musique, c’est la musique qui s’adapte aux lois de James Brown. Toujours élégamment vêtu de son costume de Tyran Des Rythmiques, c’est à grand coups de Blow ! et autre Hit Me ! qu’il invective Fred et Maceo les contraignant même à se livrer à un Homérique duel de cuivres sur Shoot Your Shot. Complètement soumis, le pauvre Maceo sera même sommé d’exécuter un divin et aérien solo de flûte sur Mind Power. Et quand le bolide se trouve freiné sur les titres plus Soul (au nombre de 2, ben oui, faut aussi satisfaire ces dames), il évite astucieusement de tomber dans l’arrangement facile et superflu préférant miser sur la suavité et la délicatesse de chœurs féminins. Forever Sufferin’ ou quand la souffrance devient plaisir…Quoiqu’il en soit, c’est pour mieux repartir en trombe et faire claquer la bottine sur le parquet. Le plaisir est d’autant plus grand que l’album est double, pas de formatage dans la place, 9 titres et rien de moins de 7 minutes. Un régal d’hypnose rythmique parfois réhaussée de percussions.
Avec The Payback, James n’offre pas à son public une Valstar tièdasse dans un rade miteux mais plutôt un rhum agricole à 55° ou, au choix, une caisse de champagne, l’essentiel étant que tout cela monte très vite à la tête et procure une ivresse de qualité supérieure. James paye son meilleur album et demande qu’on lui renvoie la monnaie, il n’y a décidément que lui pour oser de tels trucs…

LIENS

Site Officiel de James Brown
Funky Stuff Super site avec forum consacré à l'univers JB
Wikipedia
Maceo Parker
Fred Wesley
Martha High
Marva Whitney
Pee Wee Ellis
Clyde Stubberfield & Jabo Starks



DOSSIER JAMES BROWN

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