James Brown - Reality

Polydor - 1975

Samedi 27 Janvier 2007

De l’enfer James revient à la réalité. Et le retour est brutal : bus en flammes, émeutiers, révolte, le tout sous l’air résigné du Soul Brother Number One mais sous la bienveillance d’une force supérieure représentée par un œil.
Destitué de son rang de numéro un, James est désormais à la peine.


James Brown - Reality
Fatalement, la réalité est dure et ne plus être numéro Un quand c’est le moteur de toute une vie laisse forcément le Godfather amer.
Amer parce que les rênes sont empoignés par des groupes qui lui doivent une grande partie de leur inspiration, des groupes qui ont grandi en écoutant James Brown et le considèrent comme un Everest indépassable.
Amer parce que toujours numéro Un au regard de tout ce qu’il a accompli, et même si tous lui ont prêté allégeance et baisé sa chevalière, dans les faits son affaire est régie par d’autres. La palme de lèse-majesté revenant aux allumés défroqués de Funkadelic qui le clashent sur Let’s Take It To The Stage, l’affublant du sobriquet de Godmother, et reprenant à leur compte I’m Black & I’m Proud pour en faire I’m Funk & I’m Proud. Bref, les affaires barrent en couille…
Le Godfather a toujours son siège réservé lors des conventions funko-mafieuses mais il s’agit plus d’un siège d’honneur que d’un siège avec un réel pouvoir de décision.

Quittant son fief d’Augusta, James pose son baluchon à New-York. Flairer le béton pour coller à nouveau à la réalité, revenir à des fondamentaux. Faire simple mais efficace, produire sans trop en faire. C’est dans une ambiance résolument très « street », qu’à peine ses affaires déballées il signe son retour en démontant le 1er titre Reality à grands renforts de saxo stridents et de cris que le sont tout autant. Ses comportements d’autocrates n’impressionnant plus ses dauphins qui se sont depuis longtemps affranchis de se tutelle, le Soul Brother Number One en appelle au peuple et tente d’emprunter la voie de la démocratie. Et c’est avec sa grande expérience dans ce domaine qu’il s’auto-élit Funky President…Mais qui a voté ? Là n’est pas la question, James a bourré les urnes et s’en sort avec un score à faire rougir Mobutu, faisant de Funky President un de ces titres chargés à bloc du juice de James. Visiblement toujours apte à envoyer un funk des plus percutants, Mister Brown n’hésite pas à se mettre en maillot de corps pour aller boxer au milieu des poubelles avec les jeunots qui voudraient lui en apprendre. James est à plat ? Pourtant certains groupes n’auront jamais autant été samplé durant TOUTE leur existence que le Godfather sur ce seul et unique titre.
Sans briser la carrière de ces petits malfrats devenus rois de leur rue mais qui ne lui arriveront jamais à la cheville, le Minister Of New New Heavy Funk déroule un funk maitrisé, habillement étoffé de clavinet et sur lequel plane par moments un parfum de Blaxploitation que les arrangements et les cuivres de Fred Wesley contribuent à entretenir.
Du moins sur la première face.
En grand écart pour satisfaire les accrocs de la 1ère heure et ferrer une nouvelle clientèle, James après avoir été intransigeant et plutôt fidèle à l’éthique funk sur la face A se laisse un peu aller sur la face B et prend l’option de faire du « qui va plaire ». Si All For One et ses bonnes intentions lui servent de prétexte pour rappeler quelques idées clés de son œuvre (Say It Loud, Open up the door, i’ll get it myself), les pour le moment très lointaines odeurs disco laissent à penser que le ralliement au genre n’est plus qu’une question de temps. Repassant par la case Soul, il conclue cette face sans grand intérêt en ouvrant à fond les vannes lacrymales sur le tire-larmes jazz-soul Who Can I Turn To, symbole ultime d’un album qui peine à arriver à son terme.
Encore dans le coup sans l’être entièrement, dealant son funk sous le manteau il rassure à demi les brown-addict mais sa quête effrénée à vouloir influer sur la marche funk du monde lui fait faire de l’œil à la grande consommation au risque de rogner sur la qualité. Hell laissait déjà apparaitre des fêlures dans la capacité du Soul Brother à tenir son monde en respect avec un double album. Ces premiers signes alarmants se traduisent maintenant par une difficulté à servir 2 faces meurtrières.
Une face sur 2 c’est toujours mieux que rien.

LIENS

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Maceo Parker
Fred Wesley
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Pee Wee Ellis
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