James Brown - Revolution Of The Mind - Live At The Apollo III

Vendredi 19 Mai 2006

Polydor 1971
S’il avait fallut enregistrer chaque passage de James Brown à l’Apollo Theater de Harlem pour en faire un album live, certaines collections de disques se seraient enrichies de plusieurs étagères, le phénoménal Godfather Of Soul s’y étant produit la bagatelle de 300 fois. Autant dire que le Haut Temple de la Musique Noire est sa résidence secondaire, la scène portant en elles des sillons de bottines laissés là par de furieux déhanchés, claquements de talons et autres pas hallucinants préfigurant le Moonwalk de vous savez qui.


James Brown - Revolution Of The Mind - Live At The Apollo III
En 1971 James est le Noir le plus exposé d’Amérique. Il a calmé la foule suite à l’assassinat de Luther King, il a inondé les ondes et les bacs à disques à un rythme frénétique, il a réduit de nombreuses salles en tas de cendres, il affiche haut et fort sa réussite artistique et financière. Intenable, inattaquable, les barreaux derrière lesquels il se présente sur la pochette de ce Revolution Of The Mind – Live At The Apollo III semblent bien fluets. Tenter de faire taire James Brown c’est tenter de museler le peuple Noir tout entier, ce peuple à qui il a rendu toute sa fierté depuis Say It Loud. Tenter de contenir cette rage qui gronde revient à essayer d’éteindre un feu de forêt avec un pistolet à eau : ça part d’un bon sentiment, mais c’est voué à l’échec.
Le premier témoignage live de James Brown à l’Apollo avait résonné comme un coup de canon : un disque hors normes venait donner toute la mesure live de cette bête de scène. Le second ne faisait que confirmer sa puissance en perpétuelle croissance dans un format plus long et toujours dans un registre très marqué Rythm n’ Blues. Entre le chapitre I et ce chapitre III, prés de 10 ans se sont écoulés. Le Godfather a opéré sa grande mue funk, dépouillé son son de tout arrangement trop mélodique, mit plein cap sur le rythme, orchestré son œuvre autour du sacro-saint « ONE ». Sex Machine est devenu l’acte fondateur du genre, la révolution musicale est en marche. James a imposé ses nouvelles règles (Papa n’avait-il pas un sac flambant neuf quelques années auparavant ?) et il en fait ici une démonstration en bonne due forme transformant l’Apollo en chaudron en fusion dans lequel il versera de la lave de manière ininterrompue 8 concerts durant, les 24, 25 et 26 juillet 1971 (vous avez bien lu, 8 concerts en seulement 3 jours…) montrant de ce fait qu’il n’usurpait en rien son titre de Hardest Working Man In Show Business. C’est donc dans le meilleur de ces 8 shows que James a puisé pour donner forme au 3ème assaut.
On ne met cependant pas le feu à l’Apollo avec des intérimaires inexpérimentés. Dans le rôle des pyromanes assistants, la section cuivre emmenée par Fred Wesley, Bobby Byrd le souffleur sur braises, mais surtout le drumming de Jabo Starks qui prend une place de choix, les caisses claires claquant comme des coups de fouets et se disputant les honneurs du Godfather avec les guitares tranchantes sur lesquelles celui-ci mise désormais beaucoup.
Le groupe déploie un funk torride et brûlant, l’air devient irrespirable, le public parait lui aussi au bord de l’auto-combustion et, après les 20 minutes d’hypnose-transe Escape-ism / Make It Funky, il devient urgent de faire redescendre la température. Alors du brasier, on passe à la moiteur en faisant une incartade du côté du Soul Brother Number One première époque à savoir Try Me. Mais la température redevient vite suffocante. Fini de jouer ! Si l’Apollo doit fermer ses portes suite à un embrasement général, ça doit être l’œuvre de James et de personne d’autre ! Les choses se musclent définitivement et l’Etna se met en branle : Superbad et Get Up, Get Into It, Get Involved mènent tout droit à un final d’apothéose à grands coups de Soul Power scandés par le Godfather et repris à satiété par le public. Un ultime Hot Pants pour ceux qui tiendraient encore debout, et il est l’heure d’appeler les secours pour soigner les premiers rangs déshydratés. James regagne sa loge sous sa légendaire cape qui ce soir là devait être une couverture de survie.
Au mois de mars de la même année il était à Paris, mais ça c’est une autre histoire…

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