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INTERVIEWS
Interview - Mulatu Astatke« Biouuutifouuuul » et «grrrriiiite » sont sans nul doute les 2 mots que Mulatu Astatké emploie le plus en interview. Pensez donc, avant le désormais célèbre épisode « la BO de Broken Flowers », l’Ethio-jazz était une spécificité ethnique connue des seuls initiés et peut-être des diggers acharnés du rare groove envoûtant.
Depuis, par les bonne grâces de la fée Strut et de sa série Inspiration Information, Mulatu s’est remis en selle avec un album plus que réussi en co-prod avec les british Heliocentrics : « Je suis très fier de cette collaboration, ça m’a permis d’aller vers de nouvelles directions. J’avais l’habitude de travailler de manière plus acoustique et eux m’ont emmené vers quelque chose de plus électronique. On s’est dit qu’on pourrait remettre ça, un album où les Heliocentrics iraient encore plus profond dans l’Ethio-Jazz. Si on en fait un second, il sera encore meilleur ! ». Ce succès sur album s’est prolongé sur scène(s) où l’équipe a fait salles combles en Europe mais, avant d’en arriver là, Mulatu aura cravaché la bagatelle de 4 décennies à suer sur son vibraphone, à composer et à écrire des arrangements, pour distiller ce cocktail unique nommé Ethio-Jazz et aujourd’hui consommé bien au-delà d’Addis-Abeba : « Quand j’ai commencé, c’était très difficile de mettre toutes les musiques du monde ensemble et de garder la vibration Ethiopienne prédominante. Ca m’a pris un bon moment, mais finalement j’y suis arrivé. Je suis heureux de voir que d’autres ont essayé d’en faire quelque chose, s’en inspirent, restent près, s’en éloignent ou même l’abandonnent en route ! Après tout ce temps, l’Ethio-Jazz est encore là et je remercie tout les gens qui ont contribué à sa réussite". Décidemment jamais rassasié Mr Astatké, en plus de continuer à tourner, squatte à nouveaux les bacs à disques avec New York - Addis - London : The Story Of Ethio Jazz 1965-1975 (Strut) best-of au tracklisting proche de la série Ethiopiques, véritable grimoire à grooves ensorcelants élaboré en étroite collaboration avec Quinton Scott, directeur artistique du label. Indestructible Mulatu, plus fort que jamais avec les crocs d’un gamin de 20 ans, des projets sur le feu (un nouvel album mais aussi la probable sortie en dvd de Timeless Mulatu, concert enregistré à Hollywood avec des pointures type l’ex-Headhunters Bennie Maupin) et pourtant ému aux larmes lorsqu’on en vient à un point essentiel dans la vie d’un artiste : la reconnaissance de son vivant. « Etre redécouvert aujourd’hui…après 40 ans... J’ai eu des hauts et des bas mais je ne me suis jamais découragé, j’ai toujours travaillé, cherché des chemins différents où aller. Toutes ces choses ont fini par payer et je vois ça de mon vivant ! Je suis très chanceux ». Puisse Bernie Worrell connaitre le même sort Ah au fait ! Le soir même de l’interview, Mulatu concourait pour les trophées Afro-Caribéens catégorie « meilleur album » et a pris le chemin du retour avec le prix dans sa valise. La chance n’explique pas tout.
Rédigé par Muzul _ le 17 Novembre 2009 modifié le 18 Novembre 2009
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18/11/2009
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