La Blaxploitation : Une définition, un concept, un contexte (Part 2)

Mercredi 1 Octobre 2008

ISAAC HAYES ET WATTSTAX : Un homme et un évènement.

La Blaxploitation : Une définition, un concept, un contexte (Part 2)
Il est d’abord auditionné pour le rôle de Shaft, mais c’est pour ses aptitudes musicales qu’Isaac Hayes sera retenu. On lui confie la composition entière de la bande sonore. Quinze titres grâce auxquels il sera récompensé de l’Oscar de la meilleure musique de film (1972). Il devient du même coup, le premier afro-américain à être honoré de ce prix. La même année, il est l’un des principaux organisateurs et promoteurs de la Wattstax.

La Wattstax ? Vous savez, ce concert évènement organisé par le label “Stax records“ de Memphis, pour commémorer la 7ème année des avancées afro-américaines, depuis les émeutes de 1965 à Watts (banlieue de L.A). Même si l’histoire ne retient que Woodstock (1969), Wattstax est lui aussi un évènement de très grande envergure. Un “Black Woodstock“, comme beaucoup aiment l’appeler. Pourtant cette dénomination est réductrice, tant le potentiel artistique déployé est sans aucun doute supérieur à celui proposé par Woodstock. Wattstax est un voyage dans les profondeurs les plus belles de l’âme noire. Wattstax est la représentation scénique de ce qu’il y a de meilleur dans le blues, le jazz, le funk ou le gospel. Il nous rappelle que toutes ces musiques viennent de l’âme des noirs et que toutes ses âmes viennent d’Afrique. Ces musiques expriment à la fois toute la souffrance et l’espoir d’un peuple, ainsi que toute sa reconnaissance face à l’existence. C’est sans doute cette gratitude qu’exprimait déjà Sly Stone en 1971, en déclamant le somptueux “Thank you for talkin to me Africa“. Wattstax nous rappelle que le gospel et le blues sont les matrices de toute la musique Afro-américaine. Neuf ans après la “Civil Rights March“ sur Washington (1963), ponctuée par le grand rêve de Martin Luther King, c’est donc Wattstax, qui deviendra, ce Dimanche 20 août 1972, le pèlerinage et la célébration de la fierté noire.

Et Isaac Hayes ? Il danse, chante, joue et obtient toute la ferveur de son public. Il en aura fait de belles choses ce grand monsieur à la voix rocailleuse, depuis sa naissance à Covington (Tennessee), ce 20 Août 1942. Isaak Hayes est un roi, du moins s’il ne l’est pas, il reste de sang royal. Sérieusement membre de la famille royale du Ghana, il est couronné roi du district d’Ada, où, au lieu de se faire construire un palais, il décide de construire un centre pédagogique. Comme quoi, le vrai talent est celui des trippes et celui cœur !

FOXY BROWN : Un tournant pour les femmes

C’est en 1971, que le producteur Hollywoodien, Dave Baumgarten, découvre, lors d’un concours de beauté, une bombe sexuelle du nom de Pam Grier. Elle incarne alors la féminité black dans toute sa splendeur. Des formes plus que généreuses, qu’on a pu prendre plaisir à contempler de nouveau en 1997, grâce au film de Tarantino, Jackie Brown, où Pam incarnait le rôle d’une hôtesse de l’air arnaqueuse. Comme si le temps n’avait rien pu faire contre ses charmes. Mais Pam Grier, c’est aussi et avant tout l’arrivée de la première femme héroïne d’un film d’action (toutes origines ethniques confondues). Sweetback ou Shaft sont les symboles d’une Amérique noire qui ne se laisse plus martyriser par les blancs. Foxy Brown, elle, est la porte-drapeau des femmes noires, qui ne se font martyriser ni par les blancs, ni même par les hommes. Oubliez donc la rappeuse sexy et provocante qui se pavane en tenue légère. Foxy Brown, c’est avant tout Pam Grier. Et c’est du lourd ! Le premier succès de Pam arrive en 1973 avec “Coffy, la panthère noire de Harlem“. Un film réussi, mais beaucoup moins violent et sulfureux que le Foxy Brown à venir. Après le succès de Coffy, les studios d’A.I.P décident expressément de commander la suite, sans pour autant allouer ni le budget, ni le temps nécessaire. C’est donc dans la précipitation et avec les moyens du bord que le réalisateur Jack Hill, décident de miser sur un autre scénario. Plus axé sur l’action et moins sur les sentiments. En 1974 sort Foxy Brown, faisant de Pam Grier une icône. Foxy Brown retrace les aventures d’une jeune femme qui, pour sauver son frère des griffes de dangereux trafiquants de drogue, prête main forte à son boy friend, agent du FBI, finalement froidement assassiné. S’engage alors un bras de fer meurtrier entre une Foxy Brown esseulée et le gang responsable de la mort de son petit ami. Sous les traits d’une call-girl de charme, elle s’infiltre dans le milieu incriminé et règle magistralement ses comptes. Soulignons que le frère de Foxy est interprété par Antonio Fargas, plus connu sous le surnom d’“Huggy les bons tuyaux“. Plus qu’une sexy girl, Foxy met des droites et tire à tout va. Le tout orchestré par une bande son de Willie Hutch, à couper le souffle. Pour les adeptes du genre, ce n’est que du pur bonheur.

Comme beaucoup d’autres, Pam disparaît des écrans à la fin de la vague. Après plusieurs tentatives de retour difficiles, elle affronte un cancer qui lui vaudra la considération du public à la l’écran comme à la ville. En Foxy Brown comme en Pam Grier, voilà une femme comme on en fait plus !
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Shaft : Le film coup de poing de référence

Pour toute une génération, le personnage de Shaft (incarné par Richard Roundtree) est un modèle du genre. Shaft (réalisé par Gordon Park), est une trilogie mettant en scène un détective aux méthodes radicales, qui opère dans les milieux mals fréquentés de Harlem. Les tribulations de ce Mike Hammer black seront suivies par toute la communauté noire de l’époque. Dans le premier volet, Shaft in Harlem, le détective John Shaft est engagé par un gros bonnet de la mafia, suite au kidnapping de sa fille. Il se retrouve impliqué dans une guerre entre deux mafias (l’une blanche et l’autre noire). Shaft est un de ces films plaisants, amputés de toute connotation manichéenne, où l’on ne distingue plus très bien le bourreau de la victime. Soulignons qu’il fut l’un des tous premiers films du genre, à oser enfreindre les règles du flic sans reproche, toujours du bon côté de la barrière. Clint Eastwood lui-même, reprendra le genre à son compte, remplaçant ses rôles de cow-boy par des policiers torturés. Shaft marche seul et ne fait confiance qu’en son flingue et en ses poings. Pas besoin de voitures de sports débridées ni de l’aide du FBI. Shaft règle ses affaires seul et Shaft ne te créera pas de problèmes, si et seulement si, tu ne crées pas de problèmes à Shaft. Bref, un héros lubrique et vénal, prêt à tout pour protéger ses intérêts et ceux de la communauté qui l’engage. Après un premier volet Shaft se décline en deux autres épisodes moins convaincants : Shaft Big Score en 1972 et Shaft in Africa en 1973. Dans ces nouvelles versions, les ingrédients sont décolorés. Shaft devient un personnage “bondien“. La Fox, productrice de l’œuvre, voulant aussi pouvoir toucher une audience blanche. Le public ne répondra pas présent, ni pour ces deux nouvelles aventures, ni pour la série TV, contrainte de s’arrêter après un an d’exploitation. Shaft est pourtant un film à voir et à revoir, qu’importe sa version (visionnez les toutes, s’il le faut). Le concept originel est un chef d’œuvre d’efficacité. Saupoudré d’une bande son qu’Isaac Hayes a eu à cœur de confectionner spécialement pour l’occasion.



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www.blaxploitation.com
foxybronx.free.fr
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