Interview - Dj Chabin

Vendredi 1 Octobre 2004

Dj Chabin est un homme de l'ombre, un Dj qui n'a pas besoin d'être surmédiatisé pour que l'on parle de lui. Reconnu de tous, des anciens et des plus jeunes, il fait partie de ces Dj incontournables lorsque que le funk est à l'honneur. Acolyte de Dee Nasty dans les années 80 ce MC n'a pas lâché l'affaire : toujours au mic et derrière les platines ! ! ! Il a reçu Funky-People (Mys 35 & moi même) chez lui dans le 13 ème arrondissement avec cette qualité qui lui est propre, rester humble. En contre partie Mr Chabin est le roi des slogans et des anecdotes, pas une phrase sans celle-ci. Nous avons pu constater aussi l'étonnante diversité musicale, et en format que nous adorons s'il vous plaît, que possède l'original Mister funk .

Un des piliers du Funk en France se livre profitez-en ! Car l'équipe de Funky-People se joint à moi pour crier CHABIN SINON RIENNNNNNNNNNNN ! ! ! !


Interview -  Dj Chabin
Quelles sont tes influences ?

Dj Chabin : avec une bande de potes on était plus dans la danse, à l'époque, c'était la série Fame qui nous influençait surtout le danseur Leroy, pour être plus rapide que Juan (allusion à la très longue réponse de Dj Juan) j'avais la musique dans le sang mais comme j'avais une mauvaise circulation, j'ai arrêté de danser et je me suis mis aux platines (rires). Puis je traînais toujours avec des gens plus vieux que moi et ils étaient à fond dans le son. Tu sais mon père quand il était plus jeune on l'a influencé dans la musique alors que lui voulait faire autre chose, alors il me dit tout le temps de ne pas négliger la musique. Lorsque j'avais dix ans il m'a inscrit au conservatoire pour y apprendre le solfège comme c'était trop loin il fallait marcher deux kilomètres j'ai arrêté, après il m'a offert une guitare donc j'ai toujours été dans la musique. J'ai joué un peu de basse, bon après comme je collectionnais puis avec des potes on faisait des booms, comme on avait des bons disques et des bonnes sélections, on est venu nous chercher, j'ai commencé au Stadium Squash avec des potes et cet endroit était devenu trop petit, les commerçants commençaient à se plaindre donc on est passé au Bataclan à Voltaire, puis le Colonel Fabien, la Cinquième Dimension et en parallèle le Rex, le Globo. Ensuite c'est devenu un métier, quand j'ai commencé à être Dj je continuais à aller à l'école mais je préférais faire quelque chose qui me rapporte. Même si je sais que l'école peut rapporter plus gros.

Peux-tu décrire Dj Chabin ?

Généralement on est mieux décrit par les autres, Pour moi tout d'abord je n'oublie pas que je suis un humain et Dj après. En fait on donne trop d'importance à des Dj's par exemple Dee nasty, Chabin, Spank avant tout on est des hommes nous ne sommes pas plus que les autres. Il y a beaucoup de choses pour moi qui sont vanités, après tu es dans un système et tu es obligé de vivre avec. C'est pour ça dans un premier temps, on disait tout le temps que je restais dans l'ombre parce que tout allait très vite dans ce milieu et dans un deuxième temps je n'étais pas trop pour les interviews. Les journalistes, de l'époque, venaient d'une école de journalisme ou d'un autre courant musical, et ne transcrivaient pas tout ce que je disais. Ca ne m'intéressais pas.

Interview -  Dj Chabin
" The Deep Funky Junky Sélecta " ta compilation, qui est dans les bacs, est une envie ou juste une sélection pour suivre le mouvement actuel ?

C'est une envie, d'abord et après c'est la mouvance. Puis c'est un suivi parce que j'avais fait une compilation qui s'appelait " Funky Funk Planet : Vivre et revivre les années 80 ", donc il était intéressant de sortir vivre et revivre les années 70 et comme je disais dans une autre interview si je dois en faire une des années 60, je ne pourrais pas parce que je n'étais pas encore né, je ne peux compiler ce que je n'ai pas entendu.

Cette tracks listing comporte des productions New-Yorkaises et une reprise de " Cramp your Style " de Robert Moore & All The Family, peux-tu nous expliquer pourquoi inclure des nouveaux artistes ?

Dj Chabin : Robert Moore est un petit 45t de 1972, Breakesta est un groupe de Los Angeles et ce sont Mighty Imperials, The Soul Command, Third Point qui sont de New-York. Dans la première compilation il y avait un morceau d'un groupe français c'étaient les ex-musiciens de Soon E MC et pour moi parmi tous les groupes connus de cet opus (Cameo etc ….) il faut faire connaître des gens, les avantager et faire avancer le mouvement, comme pour moi qui était dans l'ombre, je sais ce que c'est et j'en suis sorti. J'essaye de faire connaître des groupes qui sont semi amateurs, semi professionnels même s'ils sont que la prononciation " semi " et qu'après il peuvent devenir pro c'est bien !. ils sont plus ou moins connus chez eux et chez nous encore plus et le fait de se produire sur une compilation ça peut les faire avancer par exemple Mighty Imperials c'est un morceau inédit qui est sorti déjà sur Soul Patrol (ndlr : Label de Nicolas Mageron) " The Deep Funky Junky Selecta " avant de la sortie en 45t une exclusivité !! Comme pour Breakesta qui a joué deux morceaux pour nous, les ont ressortis sur leur album live (2001).

Comment sont-ils rentrés dans la compile ?

Pour Breakesta , ils se sont mis en relation avec Soul Patrol et ils ont fait écouter un 45t ça nous à plu, ils devaient aller en studio faire quelques morceaux, donc on a attendu. Lorsque qu'ils nous les ont proposé, nous les avons pris en leur faisant confiance et on était encore plus surpris en entendant " Cramp your Style " qui allait complètement avec la compilation. Dans les studios ils ont repris le même matériel que dans les années 70, plus l'esprit. Pour les autres groupes de NYC c'est Philippe Lehman du label de DESCO Records qui nous a passé trois morceaux, lui c'était le collègue d’Aldo, qui tagguait dans tout Paris, et il avait monté PURE (ndlr : un label Mythique du début des années 90) et maintenant il a monté SOUL FIRE. Voilà un contact français qui vit à NYC, qui fait de la production. Lui est déjà dans le move, l'union fais la force au lieu de rester dans son coin et être comme le monde individualiste il vaut mieux s'assembler. The Soul Command et Third Point ont fait des reprises, pour Mighty Imperials avec Joseph Henry c'est une production, un nouveau morceau.

Comment s'est fait ta rencontre avec Soul Patrol ?

On se connaît depuis une douzaine d'années, mais on s'était perdu de vue et on s'est revu, Nicolas était venu chez moi, pour m'offrir des compilations. Comme je faisais une émission sur Media Tropical (92.8 FM), c'était un bon plan pour les diffuser, comme j'aime bien faire avancer ceux qui sont autour de moi ou ceux que je ne connais pas mais qui mérite. Avec le temps je me suis rendu compte que le nom " CHABIN " était influant, donc si je peux faire des choses tant mieux.


Mais le funk est toujours là et si ça avait été une personne physique elle aurait été obèse

Interview -  Dj Chabin
Tu as fait de la radio, peux tu nous en parler ?

Dans les années 80, j'étais souvent sur radio Aligre, je me suis souvent fais inviter sur radio 7 dans l'émission de Sydney (ndlr :H.I.P-H.O.P), j'ai fais deux, trois émissions, en 86, sur radio Nova avec phildan, et j'ai fais deux ans d'émissions sur Media Tropical (92.8 FM), mais en invité, je n'avais pas le contrôle du micro, j'étais plus le Dj qui présentait les nouveautés et surtout des anciennetés et après j'ai proposé une émission, sur cette même radio, qui s'appelait : " 11ème commandement : Tu ne t'amuseras point avec la musique "(ndlr : ça c'est du titre !) Cette émission à été acceptée de 95 à 99, la programmation c'était : soul- funk/ acid-jazz, jazz rock, slow …et c'était le dimanche soir avant, pendant et après l'EQUIPE du Dimanche soir sur canal + (ndlr : Mr Chabin est un passionné de foot). Comme ça tu peux regarder la télé et il peut y avoir du son, les deux sont compatible (rires).

D'où vient la phrase : " Du funk ! Sinon rien " qui te colle à la peau ?

Ah oui ! en plus les gens connaissent ce slogan ! Dernièrement à l'Opus'ai pris le micro et j'ai dis :

- " Du funk … "

Tout le monde a répondu en même temps : - "…SINON RIEN ! ! ! ! !"

J’aime beaucoup les phrases détournées. Par exemple sur la compilation, il y a un morceau de Bobby Williams , quand tu vois la pochette, le style du mec (ndlr : effectivement ce chanteur est la Dolly parfaite de James Brown) et la façon dons il chante, moi je présentais comme ça : " ça ressemble à James Brown, c'est le même style que James Brown, ce n'est pas James Brown, encore moins Canada dry parce que c'est Bobby Williams ! ! !"
Donc il y avait une publicité qui disait bla-bla sinon rien, après tu changes et voilà.
Et puis on m'a toujours dit qu'il y avait les dix commandements et quand j'ai vu " La folle histoire du monde " de Mel Brooks , apparemment il y en avait quinze, cinq sont tombés par terre, moi j'ai trouvé le onzième d'où le nom de mon émission de radio.

A l'Opus Café et on te voit moins au mix, mais plutôt au micro : c'est Chabin version millenium ou parce qu'il y a des invités aux platines ?

Non, on m'a toujours connu au micro et il y a pas mal de soirées où on m'appelle en temps que MC. Je suis pour la communication, la musique c'est la communication, si on est ensemble aujourd'hui c'est par rapport à celle ci et sur le net aussi, donc il est important de communiquer. Souvent il y a de l'ambiance quand les Dj's scratchent et il n'y a pas de répondant, alors le meilleur des moyens c'est un micro et de demander aux gens si ça va, si c'est bon. Afin que la personne ne traverse pas la salle pleine pour dire :

-" Eh ! c'est quoi ça ! "

Tu prends le mic et tu dis :

- " On écoute ça... "

C'est mon style , le micro c'est mon arme et c'est original aussi.

Y a t'il des Dj's que tu apprécies particulièrement, lorsqu'ils sont aux mixes et qui te font revivre des choses ?

Sur des points il y a Juan (ndlr dj Juan), sur d'autres il y a Dee Nasty et Nico par rapport à ses sélections pointues et pour les disques pas évident à mettre qu'ils passent. Ca permet de les découvrir et de transmettre d'autres sons. Je trouve que c'est plus intéressant. Par exemple à une époque, au Colonel Fabien, des gens disaient que j'étais trop " disques rares " avec des séries de Jazz-Rock qui ont trop de basse, pas évidentes pour danser de dessus, certains réagissaient avec un point d'interrogation au dessus de leur tête, je prenais le micro, encore une fois, et je disais " Lieu Anti-disco ". Dans les années 80 quand le funk est arrivé en force, les gens ont été embrouillés par le disco, les radios diffusaient des morceaux disco-funk et ils disaient que c'était de la funk. C'était n'importe quoi et quand tu demandais à certains :

- " Tu écoutes de la funk ? "
- " Ouais, ouais j'écoute Village People ! "

Mais le funk est toujours là et si ça avait été une personne physique elle aurait été obèse , tellement le funk est large parce que il y a : la funk, la funky, le disco-funk, le jazz-funk, la funk-soul, le P-funk, le funk brésilienne etc……..

Voudrais-tu ou as tu déjà joué dans des salles mythiques ?

Toujours les mêmes salles : le Globo et le Bataclan , je pense y retourner dans les six mois à venir. J'ai un projet : fêter les vingt de Dj chabin avec par exemple un spectacle de danse où l'on retrouverait les Blacks, Blancs, Beurs pour le coté afro-jazz, les Aktuels forces pour la démonstration hip-hop, Dee Nasty, Juan aux platines avec d'autres et éventuellement un concert peut être Dood , Say What ou Hot Pants pour la scène Française, et qui sait un groupe Américain, mais ça reste un projet surtout continuer à transmettre du son un maximum de temps.

Combien de décennies encore ?

Encore deux ans ça ira, après on verra.

Tu ne nous parles pas de retraite ! ?

Je ne sais pas, à négocier (rire), à voir .Justement en parlant de retraite on parle de carrière et une carrière a toujours une fin.
Mais j'espère refaire de la radio parce que c'est un kiffe et c'est un moyen de toucher d'autres personnes, par exemple, qui n'ont pas les moyens de sortir. Il y a des soirées où la participation est de 80 Fr c'est cher pour des gens qui sont RMIstes, smicards, étudiants, et qui ne peuvent pas entendre un Dj qu'ils apprécient. Pour des gens hospitalisés, en prison, des personnes âgées ou même des gens qui ne peuvent pas se déplacer la radio est un bon moyen de communiquer avec eux. Mettre des morceaux différents des pistes de danses.

Quels sont les autres courants musical que tu écoutes ?

J'aime bien découvrir en ce moment j'écoute de l'afro-beat et un peu comme la collègue (alias Mys 35) du funk Latino, Brésilien, les musiques de films, j'ai une bonne collection de Reggae, Hip-Hop, R'n'B……….

...Et la musique électronique ?

Non, j'aime pas trop. Sinon j'aurais déjà fait des morceaux, en fait ça dépend des morceaux.

Par exemple St Germain, Daft punk, Roger Sanchez...?

St Germain , respect, très fort ça fait assez longtemps que j'ai son album et il a su se détacher des autres , puis faire quelque chose de plus créatif avec du jazz. Si il y a un choix à faire, en musique électronique, c'est lui.

En savoir plus :

Emission "11ème commandement" tous les dimanches de 22h à Minuit sur Radio Media Tropical, 92.6 FM en région parisienne et sur le web : www.mediatropical.com

Dj Chabin est le dj du collectif Jeux de Jambes : Le jazz et la danse. Une longue histoire d’amour, ponctuée de rencontres fertiles, terreau de toutes les inventions, de tous les croisements musicaux. Animé par Alex Benth, Jeu de jambes est un collectif de huit danseurs, tous pionniers du jazz-rock, une danse née dans la rue, comme le hip-hop dont elle est l’ancêtre. Apparue dans les ann��es quatre-vingt, elle est l’héritière avouée du jazz acrobatique des années vingt, on y retrouve la même dextérité du jeu de jambes, la même osmose entre les corps et la musique.

Jaquettes et pantalons noirs, guêtres blanches dégotées aux puces, melons et canotiers, le groupe affiche ses références et nous embarque du côté de James Brown de manière si déliée qu’il semble que chacun des danseurs donne libre cours à son inspiration, que le mouvement naît à l’instant, sous l’œil du spectateur. Et pourtant chacun d’eux répond à une exigence chorégraphique au code très précis, qui s’appuie sur un mélange de claquettes et de tempo africain où se glissent des réminiscences de swing et de salsa, un melting-pot un rien zazou d’une belle et joyeuse fluidité, organisé par Michèle Guigon, artiste à l’humour décalé.La liberté et la spontanéité du groupe ont su enfiévrer les rencontres urbaines de La Villette avant de partir en tournée.
Source : Communiqué officiel du collectif


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