L'empire P-Funk commence à vaciller. Tout devient n'importe quoi : les abus de substances lessivent les troupes, l'ambiance se détériore (prévu une semaine à l'
Apollo en 1981, le groupe joue quasiment seul,
Clinton n'apparaissant qu'occasionnellement), le dernier concert qui se tient à Detroit après la sortie de
Electric Spanking n'offre qu'une maigre pension de 20$ aux participants, les différents contrats signés sur différents labels (
Warner,
Casablanca,
Atlantic…) au nom de ses différents groupes et productions s'avèrent être une véritable usine à gaz… Personne ne s'y retrouve, personne n'y comprend plus rien et l'ami
George est dans l'obligation de s'en expliquer à la fois devant les maisons de disques et devant ses
side men (et women). Emprunt à des querelles (financières surtout) avec ses comparses qui quittent tous plus ou moins le navire,
Clinton trouve néanmoins une terre d'asile chez
Capitol où il entame une carrière solo qui démarre en trombe avec
Computer Games en 1982. Malgré le naufrage du bâtiment P., plusieurs fidèles sont du voyage.
Brailey embarqué dans l'aventure
Mutiny (cf
parte ouane), les baguettes sont confiées à
Denis Chambers, énorme et imposant batteur qui plus tard sévira sur quelques albums de jazz affublé d'un magnifique chapeau de pizzaïolo. Le vieux guerrier mêle ses ancestrales recettes aux sonorités et technologies de son époque. En ressort un album qui va faire grand bruit tant artistiquement que commercialement,
Clinton prouve qu'il peut avancer à visage découvert n'ayant nul besoin de se cacher derrière une de ses créations. C'est sur
Computer Games que l'on retrouve
Atomic Dog, peut-être le titre le plus samplé au monde (en compétition avec
Funky Drummer de
James Brown), mais le meilleur n'est pas là. Lorsque
Atomic Dog sort en single,
Michaël Jackson squatte la première place des charts avec
Billie Jean. Six semaines durant, il va sentir dans sa nuque le souffle chaud et alcoolisé d'un
Clinton qui lui colle le train. Six semaines n° 2 des ventes de singles qui vont finir par payer puisque
Jackson le jeunot se fera ravir sa place de tête par un vétéran que l'on croyait cuit, dont on prédisait la fin et qui revient en force se payant d'aller mettre une fessée à la star du moment ! (respect my man GC, you're my nigger for life). Il est toujours de la partie mais, finalement, en a t-il déjà été exclu ?
En 1983,
Urban Dance Floor Guerilla poursuit sur cette lancée.
Clinton est en forme, les nouvelles technologies semblent lui donner un bon coup de fouet créatif à tel point que les guitares et les cuivres résonnent à nouveau aux côtés des boîtes à rythmes et autres bidouillages électroniques. Retour à la case nébuleuse, cet album voit le jour sous le nom de
P-Funk All Stars (PFAS). On ne change cependant pas une équipe qui gagne, sous cette appellation se cache en fait la majeure partie des différents line-up de
Funkadelic-Parliament :
Eddie Hazel,
Mallia Franklin,
Lynn Mabry et
Dawn Silva (
Brides in da house !!),
Clip Payne,
Fred et
Maceo,
Bootsy,
Michaël Hampton…Après le coup de main donné sur
Electric Spanking Of War Babies (
Funk Get Stronger II, super titre),
Sly Stone se joint au
George Clinton's Circus (ces 2 là se feront pincer plus tard en train de se défoncer dans une voiture comme 2 adolescents honteux). Succès aidant, et ne perdant pas ses bonnes habitudes,
Tonton George traverse une mauvaise passe entre drogues à tout va et bouteilles. A partir de là, les albums qui suivront n'auront plus l'homogénéité et la cohérence des précédents, il faudra s'y faire.